Juillet 2026

 

INVESTIR GRACE A L’IA : EST-CE VRAIMENT UNE BONNE IDEE… OU PAS ?

 

 Olivier DELAHAYE

 

(Le Monde - Samedi 18 avril 2026)

 

Si elle ne doit pas être considérée comme un outil magique pour faire fortune, l’IA présente des opportunités pour se familiariser avec les placements financiers et parfois une aide pour se constituer un portefeuille.

 

 

Dans son Baromètre 2025 de l’épargne et de l’investissement, l’Autorité des marchés financiers (AMF) dévoilait que les Français étaient de plus en plus nombreux à décider seuls de leurs placements en utilisant toutefois diverses sources de conseils. Si le conseiller financier et bancaire demeure majoritairement (42%), l’intelligence artificielle apparaît juste derrière (11%), loin devant les influenceurs (4%).

Les limites de l’IA

En matière d’investissement, il existe une règle d’or : ne jamais placer son argent sur un produit que l’on ne comprend pas. Si vous achetez un appartement pour le louer, il y a de grandes chances que vous avez quelques connaissances en immobilier.

Si vous placez 500 euros dans une foncière solidaire pour aider à l’installation de jeunes agriculteurs, vous savez où va votre argent et le rendement que vous pouvez attendre. En revanche, utiliser l’IA pour investir en Bourse sans y connaître quoi que ce soit n’offre aucun intérêt.

Autrement dit, l’IA n’est pas magique. Elle a même ses limites. Son fonctionnement étant basé sur le Big Data, elle est dépendante des données historiques, et ainsi moins fiable lorsque surviennent des changements brutaux. Pire, elle peut avoir agrégé des erreurs.

Elle est aussi incapable de prédire – tout au moins pour l’instant – des événements comme la simple déclaration d’un dirigeant politique et les conséquences que cela peut avoir sur les marchés financiers. Enfin, elle peut être manipulée ou piratée.

 

Ses promesses

L’intelligence artificielle n’est toutefois pas dénuée d’intérêt. Dans sa version grand public (ChatGPT, Mistral Gemini…elle offre une source d’information inépuisable pour comprendre les produits d’investissement. Vous pouvez lui poser une multitude de questions et utiliser différents chatbots pour recouper les informations.

Vous pouvez lui recommander d’être le plus simple possible, par exemple en demandant : comment expliquerais-tu les hedge funds (fonds alternatifs) à un enfant de 5 ans ? L’IA est alors un véritable outil pédagogique pour vous familiariser avec des concepts financiers parfois obscurs. Dans sa version ‟professionnelleˮ, elle se déploie sous la forme de roboadvisors (conseillers robotisés). Ils s’appellent Yomoni, Mon Petit Placement ou encore Ramify, et proposent deux modes de gestion : sous mandat ou conseillée.

 

Gestion pilotée ou conseillée

La première leur donne la carte blanche pour la gestion de votre portefeuille, la seconde n’émet que des recommandations. Leur fonctionnement se base sur un questionnaire initial à propos de vos objectifs, votre budget, votre horizon de placement, votre tolérance au risque… À la suite de quoi le robo advisor vous propose un portefeuille adapté à votre profil. Ils possèdent essentiellement trois avantages : leur accessibilité, leurs frais de gestion réduits et leurs propositions d’investissement généralement très diversifiées afin de répartir les risques.

Pensez à vérifier leur sérieux et assurez-vous que les plate-formes d’investissement vers lesquelles ils vous redirigent sont bien autorisées par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Enfin, protégez vos données personnelles et ne fournissez pas d’informations sensibles.

Olivier Delahaye