Janvier 2026

 

 

FIN DU PERMIS DE CONDUIRE À VIE

 

 

Valeurs Mutualistes - 4ème 2025 trimestre

 

 

 

 

 

Alors que la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) s’interroge sur la conduite après 80 ans, le débat s’élargit : faut-il tester, former ou accompagner ? Entre maintien de l’autonomie et sécurité routière, les réponses s’inventent sur le terrain.

 

Chez les médecins comme dans la société, la poursuite de la conduite avec l’âge fait débat. Mais qu’en est-il chez les principales et principaux intéressés ? Beaucoup reconnaissent ne pas savoir prendre correctement un giratoire ou ne pas savoir faire avec les doubles sens cyclables dans les villes ou les chaussées à voie centrale banalisée, mentionne Joël Meissonnier, sociologue au Cerema. Certaines personnes tout à fait favorables à une remise à niveau de leurs compétences de conduite, comme c’est le cas dans beaucoup d’autres pays européens. Ce qui est bien différent d’un test sanction. Quid de la visite médicale obligatoire ? Elle peut être importante à systématiser car, aujourd’hui, la responsabilité pèse de manière très lourde sur les médecins généralistes auxquels il revient d’interroger leurs patients.

 

Une reprise ou une poursuite encadrée

Certaines pathologies* nécessitent obligatoirement un passage devant une ou un médecin agréé pour poursuivre ou reprendre la conduite, sans ou avec conditions (aménagement du temps ou du poste de conduite, interdiction de conduire la nuit…). Au centre de soins médicaux et de réadaptation La Menaudière (Loir-et-Cher), les professionnels accompagnent cette adaptation grâce à des simulateurs de conduite, avec inversion de pédales ou boîtes automatiques, par exemple. Le tout, en lien avec une auto-école adaptée. Nous évaluons la mobilité et les capacités sensori-motrices et intellectuelles et proposons, si besoin, des aides techniques : fauteuils et scooter électriques, explique Rozenn Be, ergothérapeute. Parfois cela occasionne une prise de conscience douloureuse de la perte d’autonomie et de l’impossibilité de reprise de la conduite.

 

* Maladies neurologiques ou cognitives évolutives, mais aussi diabète, épilepsie, problème cardiaque ou visuel…

 

 

 

 

 

 

FIN DU PERMIS DE CONDUIRE À VIE

 

Le 21 octobre dernier, le Parlement européen

a voté un règlement qui met fin au principe

du permis de conduire valable à vie.

En France, à terme, la durée maximale du permis

pour les voitures (et motos) sera fixée à quinze ans,

voire dix ans lorsque le permis fait aussi office

de pièce d’identité. Les conductrices et conducteurs

de plus de 65 ans pourront être soumis à des visites

médicales et des formations plus fréquentes.

Cette réforme vise à renforcer la sécurité routière.

Elle sera transposée dans la législation française

d’ici trois ans.