Juillet 2026
LE
NOUVEAU CONGE DE NAISSANCE : DU TEMPS ADDITIONNEL EN OPTION
Cyrielle THEVENIN
(LE PROGRES Mercredi 1er juillet
2026)
À partir de ce 1er
juillet, les nouveaux parents pourront bénéficier du ‶congé
supplémentaire de naissance‶ (CSN). Dans un contexte de baisse de
natalité, ce congé, dont la durée peut aller jusqu’à deux mois, pourra être
pris par les deux parents simultanément ou en décalé.
« Un
immense soulagement » et une « excellente idée ». C’est ainsi
que Quentin, 25 ans, a accueilli l’entrée en vigueur, à partir de ce 1er
juillet, du congé supplémentaire de naissance (CSN). Ce nouveau droit permet à
tous les futurs ou jeunes parents d’un enfant né ou adopté après le 1er
juillet 2026 de bénéficier de deux mois de congé supplémentaires en plus du
congé maternité ou paternité actuel.
Les
deux parents peuvent prendre ce temps supplémentaire, simultanément ou
séparément, de manière fractionnée ou en une seule fois. « Avoir
l’opportunité de passer davantage de temps auprès de mon enfant dès ses
premières semaines n’est pas un bonus ou des vacances : c’est le moment où
se créent les premiers liens affectifs, essentiels pour toute la vie »,
salue Quentin, qui accueillera prochainement son premier enfant.
Le
jeune homme, qui a répondu à notre appel à témoignages, se réjouit également du
soutien qu’il va pouvoir apporter à sa compagne : « être présent plus
longtemps me permet de partager équitablement les tâches quotidiennes,
d’alléger sa charge mentale et de créer une véritable dynamique d’équipe dès le
départ, plutôt que d’endosser le rôle de l’assistant qui rentre le soir. »
Contexte de la baisse de natalité
C’est
précisément l’ambition affichée par le gouvernement. Dans un contexte de baisse
de natalité, ce nouveau congé de naissance est présenté comme un moyen de
« renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes » et de
« donner plus de temps aux familles de concilier vie professionnelle et
vie familiale ». En 2025, la France a enregistré 645 000 naissances,
son niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale.
« Je vais prendre mon congé en juillet en
août et mon conjoint prendra les mois de juillet et septembre. Cela permettra
notamment de retarder l’entrée en crèche », reconnaît Mélanie*, 41 ans,
qui a accueilli son deuxième enfant le 7 avril dernier. « C’est bien qu’il
puisse être impliqué, il est content de pouvoir être présent », apprécie
la jeune maman, résidant dans la Drôme.
« On aurait été frustrés de
devoir la laisser »
Les parents peuvent bénéficier du CSN
dans les neuf mois qui suivent la naissance de l’enfant**, à condition d’avoir
pris préalablement l’intégralité de leur congé maternité ou paternité.
« Deux mois et demi de congé maternité, ce n’est pas énorme. Là, ça nous
permet de gagner beaucoup de temps avec notre fille, on va pouvoir bien
profiter de notre bébé », se réjouit Audrey, devenue maman d’une petite
fille née le 3 mars.
« À
cet âge, les bébés changent beaucoup et je pense qu’on aurait été un peu
frustrés de devoir la laisser chez une nounou en crèche », reconnaît la
jeune femme de 32 ans, originaire de Bougainville (Hauts-de-France).
Jusqu’à
présent, les parents qui souhaitaient prolonger leur congé maternité ou
paternité ne pouvaient se tourner que vers le congé parental. Mais en raison
d’une faible indemnisation (428,79 euros par mois), le recours à cette option,
qui reste accessible aux familles, était faible. Le nouveau congé
supplémentaire de naissance est, lui, indemnisé à hauteur de 70 % du salaire
net le premier mois, puis de 60 % le second. « Ce n’est toujours pas assez
mais c’est mieux », juge Fatoumata, 43 ans, qui avait pris un congé
parental pour son deuxième enfant et prendra ce nouveau congé pour son
troisième.
« Nous avons dû économiser en amont »
Pour
de nombreux parents, le recours à ce congé supplémentaire de naissance rime
toutefois avec concessions financières. « Pour le premier mois, on a
anticipé : on a fait le choix de ne pas avoir de congés en même temps donc
de ne pas partir en vacances, ce qui nous faisait économiser de l’argent, et on
a calculé notre perte de salaire et mis de côté la différence », détaille
Audrey. Le couple a toutefois renoncé au deuxième mois du congé de naissance,
moins indemnisé.
D’autres
y renoncent complétement : il y a beaucoup trop de perte de
salaire », concède Émeline, enceinte de son premier enfant et future maman
solo. « Vu le montant de l’indemnisation, dans les couples, ce sera la
personne au plus faible revenu qui prendra le congé, donc la femme »,
regrette auprès de l’Agence France Presse, Nahilé, du
collectif féministe ‟Nous Toutesˮ. L’accès
à ce droit reste également hypothétique voire trop risqué professionnellement,
comme le redoute Marie, 39 ans, intermittente du spectacle : « il ne
m’est pas possible de prendre ce nouveau congé. L’employeur qui me fera
travailler après mon congé maternité mettra en pause mon contrat ou préférera
ne pas m’embaucher’.
● Cyrielle Thevenin
* Le prénom a été changé
** Pour les enfants nés entre le 1er
janvier et le 1er juillet 2026, ce délai débute au 1er
juillet.
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Les
parents peuvent bénéficier |