JUIN 2026

L’article de la cousinade POUR LES 90 ANS DE LEUR PAPI

Sebastian CHARRIER, Guillaume CHARCOSSET ,Laurane CHARRIER, Juliette CHARCOSSET  

 

 La cousinade, constituée des 4 petits-enfants de leur grand-père Henri, a eu l’initiative de se regrouper le temps d’organiser un week-end

à Lyon, au lieu de résidence de Henri depuis 1967. Le texte qui suit relate les valeureux efforts qu’il leur a fallu consentir pour rejoindre

le lieu de rendez-vous. Le weekend lui-même s’est parfaitement bien déroulé ! Tous mes remerciements et meilleurs vœux à chacune et

à chacun ! Henri.  

 

Regardant cette photo, pas de difficulté je pense à identifier le Papi. A sa gauche Sébastian Charrier, investi pour les batteries, venu d’Amiens. En face Guillaume Charcosset, promis à l’agriculture biologique, venu de Lons le Saunier. Entre les deux cousins, les deux cousines. Laurane Charrier, assise, venue de Grenoble se spécialise sur l’étude de phénomènes naturels. Enfin, Juliette Charcosset venue de Chartres, est employée polyvalente dans un musée.

C’est une chance que je sais apprécier, d’avoir quatre petits enfants bien mieux pourvus que je ne l’étais, pour se construire une vie pleine et entière, jusqu’au bout de leur existence, et pourquoi pas jusqu’à devenir centenaires !

 

C’est bien là qu’on touche à des sujets difficiles, à traiter dans le dur mais riche face à face de soi avec soi. Une chose est sure cependant, c’est que le souvenir de celles et ceux qui nous ont précédé dans la vie, va nous aider à nous orienter. En bref, me concernant directement, mes parents auraient bien voulu m’inciter à la pratique religieuse à l’ancienne. Or je n’arrivais même pas à mémoriser Le « Je crois en Dieu.. » et Etc    . Il s’imprégnait néanmoins en moi l’idée tenace, qu’une part d’éternité existe en l’homme.  Quand on me demande si je suis croyant en Dieu, ma réponse est que je n’en sais rien !  

 Par contre, à ce jour encore, je pense que travailler selon ses moyens, jusqu’à sa mort, fait partie de la nature de l’homme. .La retraite cent pour cent loisir serait un leurre !     

 

Difficile de ne pas évoquer ici, mon ressenti sur l’évolution de la relation d’amour, au sens de la parentalité, au cours du temps. Je me rappelle que mon grand- père n’avait pas voulu « découcher » d’avec son épouse, en lit de 120 cm de large, jusqu’à ses 85 ans. Les temps ont passé avec l’allongement de l’espérance de vie et le bouleversement des mentalités !

Pour faire bref, je dirais que dormir en permanence en couple ensemble tout au long de sa vie, devrait avoir fait son temps. Il est surement préférable et plus sûr pour le long terme, que chacun du couple ait sa pièce bien à lui, propice à ce qu’on s’invite quand on en a vraiment envie !

Je pense essentielle pour être et rester pleinement vivant jusqu’au bout de sa vie la fidélité parentale, quelle que soit la forme que prend la forme que prend le  couple, divorce officialisé compris.

 

La mère de mes deux enfants, Alain, et Catherine épouse Charrier, était une personne très discrète. A l’approche de sa mort à 55 ans, suite à un cancer, elle exprimait le besoin intense de mourir chez nous plutôt qu’à l’hôpital J’ai pu « assurer » comme on dit, et cela reste un souvenir intense de notre vie amoureuse.  

A 90 ans serais-je encore amoureux ? pourquoi pas ? je peux bien vous le dire. Après deux à trois ans de veuvage, je me suis mis en couple en union libre avec Jacqueline, célibataire sans famille, Cela depuis 33 ans, sans problème particulier jusqu’en 1923, quand elle a amorcé une maladie dégénérative du cerveau. Elle en est au stade de ne presque plus me reconnaitre . Elle reste mon amour, et je m’imagine mal, l’ayant laissé tomber !

Jacqueline, esthéticienne de métier, a été une portraitiste amateure très productive. Si le cœur vous en dit, je vous donnerais de sa part, ,à chacune et chacun, un de ses tableaux, à votre choix.

Belle route, bien amorcée, dans vos vies, et plein de bisous !  

Papi Henri  

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 J-I Auteur : Sebastian Vendredi. 16h55. Mince, il faut que je me dépêche. Je dois partir pour la gare et le train de 17h22. Je n’ai pas encore préparé mes affaires. Aucune : j’aurais pu hier soir, j’aurais pu ce midi. J'ai demandé de faire du télétravail spécialement pour partir à l'heure. Je me dépêche. Je sors un sac du placard à côté de ma porte d'entrée. Je prends quelques caleçons, ma trousse de toilette et deux t-shirts, un short au vu du temps radieux qui s’annonce. 17h05. Je mets mes chaussures, mon casque audio et mes lunettes de soleil. 17h10. Je prends mes sous et mes clés.  Je suis sûr d’avoir oublié quelque chose. Tant pis ! 

Je suis dans le couloir de mon immeuble. Je descends les escaliers en me dépêchant, sans me casser la gueule. Vu mon équilibre, c’est plus difficile que vous ne le pensez. Je suis dans la rue. Je regarde la montre. « Okay, il va falloir courir ». Malgré mes sessions régulières de course à pied, mes jambes me font comprendre qu’elles n’ont pas envie de cet effort. 17h13. Pas grave. Je m'élance et je me mets à courir. Peu de temps après, je distingue la gare d'Amiens, dominée par un grand dôme en verre censé protéger les passants de la pluie, mais qui remplit bien mal son objectif. 17h19. « C'est bon, je suis dans la gare ». Je vois sur le panneau d’affichage :  voie 8 et pas de retard. Pour une fois que la SNCF est à l'heure. Mes jambes se remettent à courir. Le souffle haletant, je vois le train, je suis dans le train. Les portes se referment. Direction : Paris ! Pour une correspondance. Ma vraie et finale destination, c'est Lyon. Ma terre, mes origines. 

Le weekend va être chargé, je retrouverai mes parents. Je retrouverai ma sœur préférée. (J'ai qu'une sœur). Je retrouverai ma cousine préférée. (J'ai aussi qu'une cousine). Je retrouverai mon cousin préféré. (Pour le coup, j’ai deux cousins, le deuxième est dans une autre branche familiale avec 13 ans d’écart. Bref, c’est une autre histoire aussi.) Le plus important, je retrouverai mon grand-père, qui est également le seul. Il fête ses 90 ans ! La raison pour laquelle tous ses petits enfants se dirigent sur Lyon. Après quatre heures de voyage et seulement dix minutes de retard (bravo, SNCF !), je me trouve maintenant dans le hall de la gare de Lyon. Il est 21h40. Je suis en train d’attendre ma sœur, qui devait arriver à 21 heures 40. Elle est également en retard de dix minutes. Nouvelle règle à la SNCF ? Mais quelqu’un me touche l’épaule : coucou, frangin ! Le sourire me vient tout de suite. On commence tout de suite à parler de tout et de rien. La suite ne s’avère pas très utile, même si le début ne l’est peut-être pas davantage. Alors, directement, soleil couchant, nuit, dodo, ronflements de la personne qui dort dans la pièce au-dessus de ma chambre, matin. Mon matin, c'est à 6h30. Je descends pisser, j’y croise ma sœur. « Déjà levée ? » dis-je, choqué. Elle n’est guère matinale. En effet, c’est zombie en face de moi. « Non, je retourne dans le lit. » me répond-elle difficilement les yeux plissés.  Petit déjeuner seul. Je sors de la maison. Je retrouve une amie à 9 h et on parle de tout et de rien. 13h. L’heure est venue. Je pars pour le cœur de ce weekend. Je me dirige vers le Vieux Lyon. Le rendez-vous est pris : Nardone, le glacier. 

J-1 – Auteur : Guillaume

Cette histoire commence à la Biocoop de Lons-le-Saunier. Aux alentours de 19h, heure de la fermeture du magasin, un client rentre pile avant la fermeture de la porte, ce qui retarde ma possibilité de ranger le rayon de fruits et légumes.

Fort heureusement, un collègue Antony vient m'aider à rentrer tous les fruits et légumes au frigo, pour y passer la nuit aux frais. Une fois les draps posés sur les légumes restés dans le magasin pour les protéger de la lumière, des moucherons et leur souhaiter bonne nuit, je me dirige vers le rayon « Service Arrière ». Pour demander s’il y avait encore besoin d'un coup de main, la réponse est négative. Alors, je vais déposer les cartons à la poubelle, puis n'étant plus très utile, je retourne au vestiaire, retirer les chaussures de sécurité, mettre un short : « Pfiou… ». Quel soulagement… et une pensée me vient… « Ne pas oublier tous les morceaux de comté laissé au frigo ».

Mes collègues arrivent finalement, on a pris l'habitude de tous s'attendre avant de partir, il est 19h30, un petit quart d'heure de retard. Une amie qu'on appelle Piou, m'avait proposé de la rejoindre au local, car des amis à elle passaient. N'ayant pas regardé exactement ce que c'était, je m'attendais à un concert. Au final, une fois arrivé là-bas, j'aperçois Leo assis au comptoir à l'entrée. Je l’entends parler et je comprends que c'est une projection de film. Ayant 40min de retard, et étant fatigué de cette éprouvante journée de travail, 10h au total avec 12h de présence sur place, je fais le choix de me rapprocher de la gare en voiture pour y laisser celle-ci sur le parking. Mon train est à 21h, il est actuellement 20h15.

Je me demande comment occuper ces 45 prochaines minutes.  Tout d'abord, petit check, si je n’ai rien oublié, ou rien fait trainer de précieux, les fenêtres bien fermées… ?

Puis, un petit message sur le groupe WhatsApp de la cousinade, pour essayer de planifier un minimum le week-end. On échange avec Seb et Laurane. Et on se met d'accord de se retrouver à Tassin, demain aprèm pour faire des courses et cuisiner le repas de dimanche.

J'avais repéré depuis longtemps un petit escalier sur le rondpoint, juste au-dessus de là où je me trouve, par curiosité, j'ai monté ce dernier, et que ne fût pas ma surprise, de découvrir un petit étang de pêche, avec des gens qui jouaient à la pétanque, il y avait deux groupes, un plus jeune que l'autre, dans lequel un homme en fauteuil roulant avait l'air de bien se débrouiller. En face de moi, posé sur un banc, deux jeunes en train de pêcher.

Je commence à méditer, puis me dit que si je veux avoir un espoir d'avoir des nouvelles de Juliette, le mieux c'est de l'appeler. Miracle, elle répond, me disant qu'elle a que 1% de batterie, que ça peut couper à tout moment, et que normalement elle arrivait vers midi à la gare de par dieu. Normalement, vu qu'elle n'a pas encore pris son billet. Sacrée Juliette, l'organisation, ce n’est pas ça, au moins elle n’est pas stressée.

Je continue à méditer assis sur mon banc, que redescende l'intensité de la journée, puis me dirige vers les quais de la gare. Une fois arrivés, deux policières et un policier y sont présents, cela me fait encore un sentiment pas très agréable, tout de même plus tranquille qu'il y a quelques années. Je m'installe sur un banc, et me dis qu'il faut que j'écrive à des personnes que j'ai rencontrées concernant mon installation agricole dans le Jura. Émilie et Ben, un couple avec lequel je garde contact pour une potentielle installation avec eux, spécialisée dans les petits fruits, les plantes aromatiques et médicinales, pour leur raconter ma visite d'une ferme à reprendre à 3km de Lons, ainsi que ma dernière discussion avec Remy et sa compagne, pour la création d'un collectif à Publy.  Puis un petit mail à ce même Remy, pour lui dire que j'arriverai en retard à notre prochaine rencontre lundi, notamment avec Charlotte de Terre de Liens.

Finalement le train arrive avec 5min de retard. Les portes s'ouvrent, je rentre et m'installe à un siège, en face un garçon, les cheveux blonds bouclés, les yeux bleus, avec un t-shirt blanc avec un ange dessus, sur sa tablette, juste derrière que j'aperçois de dos, une femme qui a passé son trajet à se pomponner à l'extrême, dans mon champ de vision, une jeune femme, en larme, son téléphone à la main, je m'imagine que c'est une déception amoureuse, ça me touche. Et sur les quatre sièges à côté, un mec avec des tresses et des écouteurs, et deux potes qui partaient en soirée sur Lyon, très bavard, a discuté beaucoup de foot.

1h30 plus tard, après quelques moments de méditation, de lectures, et de jeux sur mon téléphone, on arrive à Lyon.

La fatigue commence à être lourde

Je me dirige vers le centre commercial, pour y prendre le t1, 4min d'attente, chouette. Il y a beaucoup de jeunes, certains alcoolisés, d'autres moins, c'est vivant, peut-être un peu trop pour moi qui me sens beaucoup mieux à la campagne.  10min plus tard, me voilà arrivé avenue Condorcet, au 22, il est 22h45, papi est au lit, on se met à discuter, et veut manger un bout de conté fruité que j'ai ramené du jura.

Ça y est, il est l'heure de se coucher, enfin, quelle longue journée, un petit manga animé quand même, avant de dormir, j'ai toujours besoin d'un moment en solitaire pour couper de la journée.

Laurane propose sur le groupe de faire des courgettes farcies et que, finalement, elle pouvait s'en occuper dimanche matin, pas besoin d'aller à Tassin et de cuisiner demain aprèm.

J'espère pouvoir faire une grasse matinée, finalement, je me réveille à 9h, je bouquine un peu avant d'aller déjeuner, il y a Linda, l'aide à domicile de papi qui est là, ils aiment bien se chamailler, comme chien et chat, mais qui aime bien, châtie bien comme on dit. Je prends le petit déjeuné, je commence toujours par un grand verre d'eau, et une banane, puis deux trois trucs à manger et à boire.

Papi est prêt, sorti du lit, il me demande de lui régler le guidon de son scooter électrique, et de réserver pour le resto thaï de ce midi, recommandé par papa. Je lui dis que je n’aime pas trop appeler, mais que je le ferai après ma douche.

Finalement il a réservé sur internet.

On s'appelle avec Laurane pour planifier les courses, que je vais faire en grande partie à la Biocoop à côté, où papi est très apprécié. On a discuté avec le monsieur de la caisse, fort sympathique.

Je donne quelques paquets de pâtes à une association bio solidaire à la sortie du magasin.

Me voilà de retour chez papi, déballage des courses, papotage avec papi, puis ça y est, c'est l'heure d'aller au restaurant, on y va à pied, 20min suffisent, ça passe vite en papotant sur le trajet.

Nous voilà arrivés, le lieu est super, avec un plafond végétalisé, une atmosphère de jungle, des serveurs sympas, on y prend 2 cocktails sans alcool ainsi que six nems en attendant juju, qui arrivera 30min plus tard.

Le repas fut agréable, animé par le clip publicitaire qu'ils étaient en train de tourner. Après le café de fin de repas, on décide de se prendre le dessert au glacier dans le vieux Lyon, point de rendez-vous avec les cousins.

J-1 - Auteur : Laurane

La semaine se termine. Elle était encore bien dense : finir l'article, encadrer E., répondre aux mails, jongler avec les réunions... Tout en gardant des activités sociales et sportives. Quelle vie !

Ce weekend, c'est décidé j'en profite pour ralentir. C'est les 90 ans de papi. On se retrouve avec les cousins à Lyon. Ça fait longtemps qu’on n’a pas été tous ensemble. Ça promet d'être drôle, et chill.

Mon train part à 20h20 de Grenoble. Ça me laisse le temps de passer au bar pour fêter les 30 ans de mon amie Lou... 30 min. Pas plus.

Je fonce sur mon vélo. "Bon anniversaire. Ce n'est pas grand-chose, mais je t'ai apporté un cadeau." "Oh trop bonne idée : des lunettes pour grimper."

Et hop, c'est réparti sur le vélo, je pédale à toute vitesse et saute dans le train.

Bon, ce début de week-end n'est pas particulièrement lent...

À la gare je retrouve mon frère, Seb. Ses cheveux fraichement coupés, un petit sac d’ordinateur sur le dos, des lunettes fines et argentées. Je me regarde, moi : van’s trouées, pantalon noirci par la chaine de mon vélo, jambes pas épilées…. Pas le même style !

On se donne les dernières nouvelles, rigolons un bon coup, puis montons dans la voiture de papa. La maison n’a pas changé, mais nous un peu. Le repas au bord de la piscine me rappelle que nous venons d’un milieu sacrément privilégié. En tout cas, c’est que diraient mes copaines de Grenoble.

23h30 : au lit.

23h45 : je refais ma semaine.

00h00 je refais ma vie.

00h15 : je me dis que ce n’est pas le moment.

00h30 je dors, enfin.

À 9h30, je me réveille, je traine. À 10h, je me lève.

Bon, on avait prévu de cuisiner cet aprem avec les cousins. Mais on doit pouvoir simplifier, pour encore plus chiller ? J’appelle Guillaume. On convient d’un rendez-vous à 15h en ville. Avant cela, je passe au marché et déjeune avec mon amie Mélissa. On flâne au restau et discutons du sens de la vie…. Elle m’apprend qu’un pliement de l’index signifie oui au Mexique (Melissa, elle est mexicaine). Elle part. Je m’allonge au soleil sur un muré en attendant les cousins. Ça, c’est un rythme qui me plait !

J-2 – Auteur : Juliette

Je suis arrivée à la Gare de Lyon Part-Dieu, aujourd’hui, samedi, vers une heure de l’après-midi. Mon estomac était partagé entre une faim intense et l’ombre d’une nausée qui ne se déclarait pas franchement. Les coupables étant clairement mon manque de sommeil de la nuit et une nette surconsommation de bière, mon esprit était libre d’inquiétude : ça allait passer.

 

Nous avions des raisons de célébrer hier. Une de nos amies de Chartres, fervente militante, publiait son deuxième roman chez Gallimard - collection blanche - comme les grand.e.s.  Je suis arrivée en retard pour les dédicaces à la librairie du centre-ville, je me devais d’aller à la séance de dédicace au bar.  Voilà ce qu’elle a écrit sur la première page:

Chartres, le 12.06.2026

Pour Juliette,

Pour la cabouine, la fronde, la bogue, tous nos espaces de résistance…

Mon perso préf, c’est le mec au visage rond de la fin, le pote faible, celui que je méprise aussi, mais que j’essaie de comprendre.

Léa.

J’aime bien, ça me parle. Je sens que je vais aimer lire ce livre dans le train de demain. Le train... Peu avant de penser à ces mots, Guillaume m’appelait pour me demander si j’avais enfin pris mes billets pour Lyon. « Non... » Et il me demandait aussi, si j’avais vu le programme imaginé avec les cousins. « Non... »

En retard… Comme d’habitude.

Je rattraperai tout dans le lit le soir, les yeux mi-clos, mais avec la pure intention de partir célébrer encore plus demain. Un événement encore plus : comme un grand.

Les 90 ans de papi, avec la cousinade.

J’ai hâte.

Et c’est ainsi que je suis arrivée au restaurant Uncle Thaï, le samedi après le train chartre-Lyon. Les yeux pas beaucoup plus ouverts que la veille. Deux cocktails sans alcool attendaient sur une table placée sous un plafond d’abondantes fleurs de plastique. Papi était là sur son scooter, Guillaume en train de se laver les mains. Ils m’ont dit : « Le resto est juste à côté de l’appartement où Papa et Cathy ont vécu leurs premières années. Jusqu’à leurs 3,4 ans ». J’avais imaginé que l’appartement rue de Condorcet avait toujours été le seul. J’ai découvert ce nouvel appartement comme un nouveau membre de la famille.  

Le repas fini, nous nous sommes séparés avec papi qui rentrait au dit appartement Condorcet pour attendre son aide à domicile.

Guillaume et moi sommes rentrés sous terre pour rejoindre le métro, puis de nouveau le soleil, puis les cousins autour d’une glace. Temps de nouvelles retrouvailles, une autre histoire commence ici. 

 

 

 

 

 

 

 

 

J – Auteurs : Laurane, Juliette, Sébastian et Guillaume

Les retrouvailles. Juliette et Guillaume arrivent les premiers. La place du glacier Nardone, légèrement ombragé, est déjà bondée. Les mangeurs de glace habitués ou de passage tentent d’oublier la torpeur d’un été on ne peut trop précoce. Laurane et Sébastian tour à tour rejoignent la table ronde et métallique sur laquelle sont attablés leurs deux cousins. La serveuse, maquillage soigné, sourire englacé, leur demande : « Vous désirez ? »

 

S : Trois boules pour moi : chocolat, noisette et violette.

L : Est-ce que vous avez des smoothies ?

Serveuse : Non, seulement de milk shake

L : Il y a de lait de vache dedans ? C’est possible de mettre du lait végétal à la place ?

Serveuse : Non, pas de lait végétal désolé. Et attention, il y a du lait de vache dans toutes nos glaces, sauf les deux parfums véganes.

L : Ok, bon deux boules alors : cannelle fraise.

J : Pour moi, sésame noir et menthe-chocolat (c’est le parfum que je prends tout le temps, mais il faut le dire super vite, sinon ils mettent une boule menthe et une boule chocolat).

G : Et moi, les deux boules végan : fraise, mangue.

La serveuse repart.

L : Dites, qu’est-ce qu’on prévoit comme cadeau pour papi ?

J : Ça pourrait lui faire plaisir un article pour son site non ? Qu’on écrirait tous les quatre.

G : Mais qu’est-ce que tu entends par article ?

J : Je ne sais pas trop, peut-être un truc simple sous forme de questionnaire, pour faire un point sur qui on est aujourd’hui.

G : Mais il faut que ce soit un truc construit, pas seulement un truc où on raconte notre vie.

S : Et si on parlait de la relation avec nos parents ?

L : Euh t’es sûr de l’idée ? Hum… sinon peut-être qu’on pourrait imaginer ce que nos vies auraient été si elles avaient eu lieu 100 ans en arrière dans le Charolais ?...

S,J et G : Galère quand même…

 

G : Ce qui l’intéresserait, c’est des vrais articles de fond sur nos domaines professionnels !

J : Tu veux dire les articles qu’on n’arrive pas écrire depuis 3 ans ?

L, S et G acquiescent en cœur et en silence, gênés.

J : Non, mais oui, un article qu’on pourrait écrire ensemble cette aprèm et lui offrir demain.

L : Et si on racontait nos retrouvailles d’aujourd’hui ? C’est rare qu’on soit tous les quatre réunis.

 

Alors, voici, cet article, écrit, par nous quatre, sur cette réunion, pour ton anniversaire.

 

Joyeux anniversaire Papi !!!!