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Janvier 2011
COMMENT MIEUX VIVRE ENSEMBLE ?
Catherine
MAILLARD
http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/bien_avec_les_autres/14372-mieux-vivre-ensemble.htm
« Renouer avec deux éléments inhérents à notre
humanité, à savoir notre interdépendance et notre vulnérabilité »
Les liens sociaux se dégradent ! Sous couvert d'indifférence ou
d'agressivité, il semblerait que l'ère du "chacun pour soi" batte son
plein, d'autant plus que l'avenir s'annonce morose. Un retour à davantage
d'écoute et de respect dans nos relations aux autres pourrait bien être une
priorité.
Vivre ensemble dans des espaces de quotidienneté ne va
pas toujours de soi. En clair, que ce soit dans la file d'attente de la
boulangerie, le métro, devant le guichet de la poste et même au comptoir du bistrot,
les rapports sociaux évoluent plus que jamais entre indifférence, ou
agressivité. Comment y remédier ? Une réflexion que nous invite à mener le
rapport annuel 2009 du Médiateur de la République, qui témoigne "d'une
dégradation des liens sociaux entre les administrés et les administrations,
mais aussi en termes de citoyenneté, due entre autres à un contexte social
tendu, un excès de rationalisation, qui alimenterait la colère et le sentiment
d'injustice du citoyen". Un retour à davantage d'écoute et de respect dans
nos relations aux autres pourrait bien devenir une priorité.
Une agressivité légitime
Nous avons tous eu l'expérience de
conversations téléphoniques ubuesques auprès de hot lines
pour notre abonnement Internet, ou de l'incompréhension d'un employé de la Sécu
pour une simple demande de renseignements… faisant voler en éclats ce qui reste
de notre belle sérénité. Idem aux impôts, avec son assureur, sa mutuelle… La
liste des incompréhensions suivies d'éventuelles vociférations est longue !
Notre agressivité face aux dysfonctionnements des
entreprises de services s'expliquent, selon les experts : ces dernières
font en effet des promesses qu'elles ne peuvent pas tenir. Ce qui entraîne un
double manque de respect, pour le consommateur d'une part (c'est-à-dire nous)
et les employés, d'autre part, tenus de jouer le rôle intenable de
tampons entre l'entreprise et nous. Le client, n'étant pas respecté dans ses
attentes, se retourne donc contre l'employé, même si on sait bien qu'il n'y est
pour rien ! Reste que les deux parties sont prises dans une spirale tant
structurelle que fonctionnelle, au détriment "d'un souci des autres"
où chacun essaierait d'entendre et de répondre aux besoins d'autrui.
Rester sur la défensive ou glisser dans
l'indifférence
Notre société actuelle, où le culte de la performance
individuelle bat son plein, nous conduit à un mode relationnel où l'écoute et
le respect sont de moins en moins présents. Au profit d'une attitude davantage
défensive, quand elle n'est pas teintée d'indifférence. Les spécialistes en
"souffrance" au travail sont formels : L'intensification
des modes de travail qui fonctionnent en majorité sur la compétition pollue peu
à peu nos relations, y compris dans les espaces dits de quotidienneté.
Au bureau, le combat fait rage : quand l'avenir
se profile incertain, il s‘agit plus que jamais de remporter le budget,
d'autant plus qu'il en va de son poste. Pourquoi en serait-il autrement dans
une file d'attente de ciné, où l'autre devient potentiellement un concurrent…
pour le meilleur siège ? C'est devenu quasi-réflexe !
Une période troublée, ajoutée à une compétitivité de
proximité (entre services, voire entre collègues) toute la journée durant, met
fatalement chacun sur la défensive. Un comportement en passe de devenir un mode
relationnel, d'autant plus qu'il s'exerce sur un fond de grande précarité. Dans
cette ère du chacun pour soi, quand le "moi" ne se sent (enfin) plus
menacé, il glisse tout bonnement dans l'indifférence. C'est normal ! Ballotté
entre la méfiance et la peur, se replier sur soi peut paraître une solution de
première nécessité. D'autant plus qu'entre l'anxiété et l'épuisement, il est
plus difficile de faire preuve d'attention à l'autre.
Le changement est possible !
Se lever pour céder la place à une femme enceinte dans
les transports en commun, prendre le temps de renseigner, avec le sourire, un
touriste qui est perdu, ou discuter avec sa boulangère dont les yeux rougis
signalent un certain désarroi ne devrait tout de même pas être si difficile.
Enfin en théorie ! Cela demande tout de même de renoncer à un mythe créé
de toutes pièces par notre système individualiste. À savoir, cet humain
compétitif et autosuffisant, polyvalent, cherchant à toute force à échapper à
la vieillesse.
Pour mieux vivre ensemble et prévenir une dégradation
des relations, il faudrait donc parvenir à renouer
avec deux éléments inhérents à notre humanité, à savoir notre interdépendance
et notre vulnérabilité. De nombreuses personnalités, à commencer par le
penseur et écrivain Pierre Rhabbi, nous invitent à
prendre conscience que nous sommes reliés les uns aux autres, d'une part, et
très vulnérables d'autre part. Il suffirait pour changer par commencer à se
montrer attentif à ce qui se passe autour de nous, par mieux s'écouter les uns
et autres et à prendre le risque de s'émouvoir. Alors nous pourrions développer
davantage d'écoute et d'entraide indispensables au tissage de nouvelles
relations sociales, plus apaisées et plus ouvertes.
Catherine Maillard, le 21 avril 2010
Sources :
- Rapport annuel 2009 du Médiateur de la République, Médiateur Actualités n°54,
février 2010, téléchargeable en ligne
- Rosette Poletti. Le sens des autres. Entretiens
avec Geneviève Bridel. Ed La Bibliothèque des arts.
- Alain Erhenberg. La société du malaise. Ed. Odile
Jacob.